L’IA a fait son entréedans l’administration de la justice dans plusieurs États, à l’échelle mondiale. Divers outils recourant à des techniques d’IA sont développés et déployés au sein des cours et des tribunaux pour la gestion des procédures, la recherche juridique, l’interprétationet la prédiction juridique ou encore l’aide à décision judiciaire. D’un côté, l’IA est une technologie puissante qui offre de réelles perspectives en vue de soutenir et renforcer l’accès à la justice. De l’autre et à rebours, elle constitue un ensemble complexede techniques susceptibles de présenter des risques élevés pour les systèmes judiciaires fragilisant, voire mettant à mal l’indépendance des juges et les droits fondamentaux des justiciables.  Dans ce contexte contrasté, il est central d’équiper lessystèmes judiciaires d’un cadre robuste de gouvernance normative de l’IA. Le droit international lato sensu, dans la variété de ses sources – du droit contraignant au droit souple,y compris les normes non-étatiques, offre plusieurs orientations normatives pertinentes. Ces dernières prennent appui, en particulier, sur la méthodologie de la gestion des risques et les principes d’éthique de l’IA. Au sein des systèmes judiciaires, ces orientationsnormatives pourraient être mise au service d’une intégration de l’IA conforme aux principes de justice, garantissant une justice impartiale, égale et accessible.  Cette recherche fondée sur une expertise juridique devraitêtre complétée, enrichie et consolidée par une expertise technique dans le champ disciplinaire de l’IA.