• PhD defended on :
  • 2013-11-21
  • IUT de Lens

jeudi 21 novembre à 14h30 à l’IUT de Lens

Résumé

Cette thèse se situe dans le domaine des modèles de l’argumentation en
intelligence artificielle. Ces modèles constituent des outils très
populaires pour l’étude de raisonnements en présence d’incohérences dans
les bases de connaissances et lors de la négociation entre agents et la
prise de décision.
Dans ce cadre, ce travail a porté sur l’étude d’un système particulier
le système d’argumentation déductif. Nous y avons traité plusieurs questions. Tout d’abord, partant du constat que le raisonnement par l’absurde est valide en logique propositionnelle classique, nous proposons une méthode de génération d’arguments en faveur d’une proposition donnée. Cette approche s’étend au calcul des undercuts canoniques, arguments identifiés comme représentant tous les contre-arguments. Contrairement aux autres approches proposées dans la littérature, notre technique est complète au sens où elle permet de générer, modulo une possible explosion combinatoire, tous les arguments relatifs à une formule logique donnée. Ensuite, nous avons proposé un cadre d’argumentation en logique conditionnelle. Les logiques conditionnelles sont souvent considérées comme étant tout particulièrement adaptées à la formalisation de raisonnements de nature hypothétique. Leur connecteur conditionnel est en effet souvent plus proche de l’intuition que l’on peut avoir de l’implication que ne l’est l’implication matérielle de la logique propositionnelle classique. Ceci nous permet de proposer un concept de contrariété conditionnelle qui couvre à la fois les situations de conflits logiques fondés sur l’incohérence et une forme particulière de conflit qui ne se traduit pas naturellement par un conflit basé sur l’incohérence : quand un agent affirme une règle de type Si alors, une seconde règle qui peut en être déduite et qui impose la satisfaction de prémisses supplémentaires peut apparaître conflictuelle. Nous étudions alors sur cette base les principaux éléments d’une théorie de l’argumentation dans une logique conditionnelle. Enfin, le dernier point étudié dans ce travail concerne le raisonnement au sujet de ressources consommables, dans un cadre où les formules logiques sont elles mêmes consommées dans le processus déductif. Nous proposons une logique, simple et proche du langage et des principes de la logique propositionnelle classique, permettant le raisonnement à partir de ressources consommables et de quantité bornée. Nous y revisitons également les principaux éléments d’une théorie logique de l’argumentation.

Composition du jury

  • M. Philippe Besnard - Directeur de recherche CNRS, IRIT (co-directeur de thèse)

  • M. Eric Grégoire - Professeur des Universités, Université d’Artois (co-directeur de thèse)

  • M. Sébastien Konieczny - Directeur de recherche CNRS, CRIL

  • M. Jérôme Lang - Directeur de recherche CNRS, LAMSADE (Rapporteur)

  • M. Pierre Marquis, Professeur des Universités, Université d’Artois

  • M. Yves Moinard, Chargé de recherche INRIA, Rennes

  • M. Igor Stéphan - MCF HDR, Université d’Angers (Rapporteur)